« Texte En Cours » c’est quoi, c’est qui ?

Le festival

Texte en cours vient de rencontres, d’échanges et de découvertes : lors d’un voyage au Québec Lionel Navarro (directeur général de TEC) découvre le Festival du Jamais Lu à Montréal.

L’étincelle est née, pourquoi ne pas importer l’idée – simple et forte – en France, à Montpellier  ?

Le concept : sélectionner des œuvres inédites ou, au moins, n’ayant jamais été déjà officiellement présentées. Avec l’accord et les encouragements des fondateurs du Jamais Lu Marcelle Dubois et David Lavoie, notre Équipe a souhaité relayer ce projet et cet esprit outre-Atlantique. Né de l’idée de dévoiler, par des lectures, une génération en poussée, presque encore invisible, Texte En Cours se propose d’être le laboratoire de ses œuvres théâtrales et scénaristiques (ou « théâtralisables ») en cours d’écriture ou de mise en scène.

Pour lancer la première édition du festival, nous avions fait le choix de l’intitulé Le Jamais Lu –Génération, aujourd’hui Texte En Cours prend son envol avec un nouveau nom.

Texte En Cours met l’accent, avec bienveillance, sur une génération (18-35 ans) d’auteurs, de comédiens, de techniciens, d’artistes liés à la scène et au cinéma (la première édition porta sur des auteurs liés au Languedoc- Roussillon).

 

Sortir la dramaturgie des théâtres

Nouvelle venue dans le métier, encore inconnue de la critique, Texte En Cours (ou #TEC) propose à cette génération de faire émerger son public dans un cadre inhabituel pour ce genre d’événement : une brasserie, un jardin public… Ces lieux conviviaux nous apparaissent propices aux conversations, à une proximité chaleureuse entre spectateurs et acteurs/auteurs. Nous lançons une invitation au public que nous souhaitons faire naître. Elle est une curiosité que nous voulons aiguiser chez toutes et tous : chez les habitués des salles de spectacles, chez les habitués des endroits où la verve, la discussion franche et haute en couleur, autrement, aussi se font, chez le passant qui s’interroge sur ce qui est en train de se jouer, sur ce qui permet le rassemblement de personnes à l’écoute, derrière une vitre ou en plein air, dans une ambiance détendue et sans protocole.

TEC, tout en étant une mise en appétit, ne perd pas de vue son rôle d’initiateur et de promoteur. Il veut défendre, à côté de ses acteurs, la place de la culture dans l’économie locale, nationale et internationale.

 

Comment y participer ?

Un Appel à projet est lancé plusieurs mois avant TEC par lequel les auteurs présentent l’œuvre sur laquelle ils travaillent et ce qu’ils souhaitent qu’elle devienne. Un Comité de lecture prend en charge la sélection. Voulant rendre compte des états de l’écriture dramatique et scénaristique d’une génération, ne négligeant pas le souci de la qualité des œuvres à faire découvrir, ce Comité milite pour présenter la diversité des genres (comédie, tragédie, comédie musicale…), des thèmes et des formes (monologue, dialogue, récit…) s’inscrivant dans l’histoire dramaturgique et cinématographique actuelle prise en charge (ou discutée) par la génération montante.

 

TEC, un espace d’échanges intergénérationnels.

Si TEC met sciemment en avant une génération, celle qui écrit et crée maintenant, peut-être dans l’ombre, le théâtre et le cinéma de demain, il ne s’isole pas des écrivains publiés, joués ou plus âgés. TEC est un pont, un point de rencontres et de remue-méninges qui veulent jouer avec les frontières, faire disparaître les cases et permettre le dialogue, un cheminement commun et propre entre les uns, les autres et leur public.

L’Équipe de TEC a été heureuse, pour sa première édition, de pouvoir faire travailler ensemble des comédiens juste entrés dans le monde du travail, des élèves de l’ENSAD – Maison Louis-Jouvet et des étudiants en Arts du Spectacle (Théâtre) de l’Université Paul-Valéry de Montpellier. Ce mélange et ces rencontres sont une de nos attentions.

Nous croyons que la recherche, les tâtonnements créatifs sont sources de plaisir et d’émotions. TEC se développe autour, par exemple, de ces réflexions qui ne s’arrêtent pas au seul questionnement théâtral et scénaristique (les rapports avec la société nous tiennent à cœur) : Qu’est-ce qu’une génération, une communauté d’écritures diverses et vivantes ? Quelle est la situation sociale et économique de ces 18-35 ans cherchant à s’inscrire dans le monde du spectacle et notre société ? Quel est le rôle du spectateur dans la vie d’un texte, d’un film, d’un spectacle en devenir ? TEC se veut un festival des engagements et de l’ouverture, un festival où auteurs, comédiens, public se sentent bien et écoutés .

Lionel Navarro, direction artistique et générale

Sylvère Santin, co-direction artistique de Texte En Cours

 

Les lecteurs de la 1ère édition, 2013

Charo Beltran lit L’Androgyne du Gymnase d’Anne Bourrel.

 

Jade Bréchelière, Florent Dupuis, Benoît Saladino, René Turquois et Thomas Champeau lisent Trilogie d’un bitume de Thomas Champeau.

 

Julie Méjean, Anne-Juliette Vassort et Audrey Montpied lisent Trauma de Simon Capelle.

 

Audrey Montpied, Victoria Songy, Antoine Baillet, Quentin Gratias et Marion Pellissier lisent Pleine de Marion Pellissier.

 

Edouard Bonnet lit ses textes Vodka, vin, Whisky, bière, Ivre et La transformation.

 

Katia Ferreira, Camille Soulerin, Morgan Lloyd Sicard, Sylvère Santin et Mathilde Ulmer lisent Epopées loufoques. Comédie urgente et écolo de Mathilde Ulmer.

Ils sont accompagnés par Barbara Hammadi, Florent Dupuis et Joan Eche-Puig, sur une musique composée par Joan Eche-Puig.

Jean-Michel Boch et Lili Sagit lisent La solitude n’est plus une maladie honteuse de Fani Carenco.

 

La Cie de l’écorcobalisse lit Les murs de ma peau d’Anne-Sophie Dionot.

Avec Anne-Sophie Dionot et Julien Usseglio.

 

La Cie Je pars à Zart lit Les orphelins de Julien Usseglio.

Avec Louise Boullenois, Annette Roux, François Di Carlo et Arnaud Jabouin.

 

La Cie Katrinesk lit 27, rue Hoffmann de Lyse Breton.

Avec Mélissa Charles, Capucine Villar, Kacim Herzi, Quentin Bordas et Lyse Breton.

 

La Cie Le Cri Dévot lit Des yeux de caïman. De mère en fille de par Bruno Paternot.

Avec Loreleï Ménie, Bastien Molines et Camille Dalloz.

 

La Cie Strophe lit Tant que la chair de Barbara Métais-Chastanier.

Avec Julie Cucchiaro, Audrey Montpied, Benjamin Duc, Alexandre Cafarelli, Alexandre Blanc-Paradis et Gislain Lannes.

 

Le Collectif La Carte blanche lit It’s coming de Vincent Steinebach.

Avec Pauline Collin, Quentin Ménard, Mathias Labelle, Valentin Rolland, Victor Assié et Vincent Steinebach.

 

Rapport enthousiaste sur une certaine manière de faire du théâtre au Québec : des fondateurs du Jamais Lu

(Texte paru dans Les Cahiers Max Rouquette, n°6 – 2012)
  • Je voudrais vous parler de la manière dont des personnes de ma connaissance conçoivent le théâtre, au Québec.
    Notons d’abord que cette Province représente un immense espace à majorité francophone, trois fois plus grand que notre pays. Planté de 7 millions et quelques têtes de plus d’habitants, il avance, au nord du monde, vaille que vaille, en son sud et son ouest, vers 300 millions de locuteurs anglo-américains plus ou moins envahissants.
    Il y des batailles linguistiques féroces. Les occitans – quelques autres aussi – en savent quelque chose au pays prônant, jour et nuit, ici et là, urbi et orbi, la diversité.
    Le Québec possède les charmes poussant, chaque année, 50 000 nouveaux immigrants à s’installer sur son sol. Ces derniers s’intéressent-ils au théâtre de leur terre d’accueil ? Les Québécois dits de souche, si chatouilleux quant à la protection et la vie de leur langue, en font-ils grand cas, alors que, généralement, là-bas, la méfiance envers la culture « élitiste », la détestation de l’artiste subventionné sont très fortes ?
  • Dans le contexte linguistique, culturel et politique local, je me souvenais souvent d’un texte que j’avais retrouvé dans les archives de Max Rouquette.
    A la découverte du jeune théâtre québécois, je me le rappelais par ces lignes :

Quand on lui demande ce qu’est ou ce que représente l’occitan aujourd’hui, [Max Rouquette] répond qu’il a « peu de choses à dire si ce n’est que l’avenir de l’occitan c’est les enfants, seule branche importante, avec le théâtre, où l’on doit mettre tous nos efforts. » Il rajoute en parlant du théâtre « qu’il permet de rendre sa dignité au peuple, il lui restitue le patrimoine qu’on lui avait retiré. »
Si l’occitan doit évoluer et faire partie intégrante de la société où nous vivons « il faut sortir du cocon et aller de l’avant. » (1)

  • Entre autres hommes et femmes du monde théâtral francophone québécois, – mais c’est de ces deux-là (et de leurs actions) que je veux particulièrement parler aujourd’hui –, j’ai rencontré, à Montréal, Marcelle Dubois et David Lavoie, deux jeunes trentenaires.
    Des troubadours en quelque sorte : ils sont de la famille de ceux qui trouvent. C’est là toute leur morale. Faire, accomplir, réaliser, c’est-à-dire trouver des solutions, refuser l’immobilisme quel qu’il soit.
    Tous les deux n’ont pas « le goût de se sacrifier comme les quarantenaires ». Alors ils proposent des « initiatives utilitaires (utiles) et porteuses dans le rassemblement d’idées » qu’ils concrétisent, contre vents et marées.
  • L’une est auteur, metteur-en-scène (Marcelle aurait écrit auteure et metteure-en-scène, elle ; la loi québécoise impose la féminisation des fonctions et des statuts), directrice de la compagnie Les Porteuses d’aromates, l’autre est gestionnaire, directeur administratif de plusieurs structures nouvelles et importantes dont le théâtre Aux Ecuries fondé avec Marcelle et 6 autres camarades (je les cite : Olivier Choinière, Sylvain Bélanger,  Annie Ranger,  Marilyn Perrault,  Francis Monty,  Olivier Ducas).
    « Adaptons les structures au lieu d’être manipulés par elles ! »  – tel est le mot d’ordre de cette très-vivante et épatante équipe.
  • A leur manière, selon leur caractère respectif, l’une – presque débordante comme ce que peuvent être la joie et la gourmandise (Marcelle adore cuisiner et elle a un vrai talent) – et l’autre, adepte du zen et des arts martiaux, ils incarnent ce que sont l’énergie et la volonté de construire, d’établir et d’imposer, coûte que coûte. Marcelle me dit lors d’une de nos conversations : « La différence entre faire du théâtre ou pas, écrire ou pas, c’est faire ».
  • A les fréquenter, je découvris combien ils savent ce que c’est que le pouvoir et l’appel de la constance et des devoirs inhérents à cet art vivant et capable, si ce n’est de tout, du moins de beaucoup, qu’est le théâtre au sein de la société et de la Cité.
    La force de leur travail est de constituer un mouvement généreux, très-attentif, ouvert, mais ne se contentant pas de la facilité (ennemie du bien), vers les auteurs qui émergent : « Pour être exigeant, il faut être engagé » me dira David, le jour où je l’interviewai.
    La parole publique (le texte dramatique et sa mise en acte, sur scène, le sont) doit refuser la passivité car « le théâtre peut être encore aujourd’hui la première place où on nomme », où quelque chose du monde ondoyant se désigne et se montre dans ses frictions.
  • J’ai une vraie tendresse envers Marcelle (qui se voulut poétesse dès ses 5 ans) et David parce qu’ils sont porteurs d’une intelligence et d’une acuité rares sur ce que c’est que faire « communauté » et « société », faire bloc devant la majorité (qui peut être parfois idiote).
  • Prenant le contre-pied des évidentes difficultés d’ordre financier que rencontre au Québec le milieu culturel « périphérique » – ce qui n’est pas de ma part un jugement de valeur – (les ressources et les subventions publiques et privées étant de plus en plus restreintes), ils insistent sur le devoir de rassemblement et de mise en commun, sur la lutte contre la logique de la production rapide, la course au budget faisant perdre de vue parfois l’essentiel.
    Ainsi, Marcelle, à l’âge de 21 ans, constatant « la perte de la pertinence sociale des grosses structures prévoyant leur programmation 3 ans à l’avance », décida de s’entourer des personnes qu’elle considère comme compétentes (en gestion, en communication…).
    Cuisinière, plongeuse et programmeuse des spectacles au café-théâtre l’Aparté, elle y rencontra David et voulut, tout de suite, « faire des choses professionnelles ». « Les amis sont ceux avec qui tu travailles. » David Lavoie, sorti de HEC, fort de ses compétences acquises,  ne pouvait que se rapprocher lui aussi des « gens d’action qui, par le travail, trouvent des solutions ».
  • La jeune femme comprit la nécessité d’éviter de produire, au théâtre, de la « chair à saucisse » (des spectacles sans saveur, paradoxalement) pour gagner un salaire, c’est-à-dire vivre – et, parfois, pour survivre (l’intermittence du spectacle n’existe pas au Québec ; si l’artiste n’a pas de travail, il ne perçoit aucun chômage).
    L’art théâtral – tel qu’en lui-même pour ces deux-là –, c’est prendre position, avec envie, originalité si possible et quelques ambitions d’ordre artistique.
    Faire, il faut faire pour donner une place aux « artistes de contenu » quand l’Etat ne reconnaît pas vraiment ni leur place ni leur fonction, parfois même leur existence.
  • Ensemble et avec l’aide de la comédienne Julie Gagné, ils fondèrent, en 2001, le beau et surprenant festival du Jamais Lu : « (…) un soir, assis au bar de l’Aparté, nous avons fait la désolante constatation que nous côtoyions quotidiennement une panoplie de jeunes artistes qui écrivaient des textes de théâtre sans que nous ni personne ne puissions avoir accès à leur parole. Sur un coup de tête, nous avons décidé de créer un festival pour les entendre. (…) Nous étions mus par l’idée de nécessité ; offrir un porte-voix à ceux pour qui c’était nécessaire » afin de faire émerger un « instantané de ce qui habite la nouvelle génération (2) ». Pour non plus seulement « donner la parole aux auteurs mais bien de les engager à la prendre. (…) C’est dans la fébrilité de l’inédit et du fraîchement pondu que la complicité intime entre l’auteur et son public se crée (3) ».
    Le festival, année après année (c’était dernièrement la 11eme édition) est devenu une tribune, le véhicule vivant de l’engagement de toutes celles et ceux qui en prennent le chemin. En effet, le théâtre, pour David Lavoie, est « précurseur des avancées sociales par rapport à Youtube et Internet ».
    Et aujourd’hui, grâce au Jamais Lu, la relève québécoise (les jeunes auteurs et comédiens) rencontre plus de considération.
  • Concernant le nouveau théâtre Aux Ecuries et le réseau des salles de la Carte première qu’il a mis en place (une sorte d’abonnement pour voir des spectacles moins chers dans des petites structures théâtrales), David m’expliqua qu’il fallait « créer du mouvement, fonder des entreprises questionnant le social, presque le philosophique ».
    « Il faut s’investir sinon se taire », faire taire les remarques et les critiques des « y a qu’à », « faut qu’on » de celles et ceux qui restent assis et méprisent.
  • Aux Ecuries propose ainsi et d’abord de créer. Sa direction artistique (ils sont 7, je le rappelle) n’a pas de jugement vitrifié sur le théâtre (la diversité des intérêts et des sensibilités de chacun, les discussions et les réunions ne bloquent aucunement la programmation, au contraire) : on peut y faire du théâtre de texte, d’image, de l’art pour l’art et aussi de l’engagé.
    Sa construction et son aménagement achevés l’an passé, ce théâtre de la rue Chabot à Montréal parie sur la non-spécialisation lorsque, ailleurs, c’est tout le contraire : ici du théâtre d’avant-garde uniquement, là, du texte…
    Eloigné volontairement du Quartier des Spectacles de Montréal, Aux Ecuries s’inscrit résolument dans son environnement social immédiat, il réfléchit sur l’économie culturelle (le boulanger du coin voit sa clientèle augmenter). Il tend vers l’instauration d’une fierté, celle d’avoir un théâtre près de chez soi, même si les habitants n’y viennent d’abord pas en masse (des billets sont pourtant distribués gratuitement).
    Développer les habitudes du grand public est long.
    Les amateurs, quant à eux, se déplacent toujours.
    Les spectateurs sont plus nombreux comparé à d’autres structures théâtrales plus anciennes.
  • Une société minoritaire telle que le Québec francophone ne peut que se rencontrer dans le combat. Une génération telle que celle de David et Marcelle se constituant et s’identifiant elle-même (plus ou moins consciemment) autour de la (sur)consommation, quelle est la bonne position à adopter dans la société si, et c’est le danger, « les événements actuels n’ont pas de sens car les gens n’ont pas de culture générale, pas de sens historique » ?
    David donne sa réponse : « Je veux soutenir largement ceux qui créent, qui produisent leur spectacle et qui se sentent isolés. Je veux créer du lien entre les artistes et les créateurs ». « Je veux pousser le plus loin possible les artistes dans leurs exigences envers eux-mêmes, le théâtre, la société ! »
    (Je retrouve dans ses propos énergiques l’investissement de Max Rouquette envers la cause, la langue et la culture occitanes. L’engagement sincère et sans malice de David et Marcelle m’émeut profondément : « Nous voulons faire naître une identité afin qu’un public s’y reconnaisse ». Je rajoute : afin qu’un peuple s’y entende et s’y voit. Pourtant, je remarquai que la scène théâtrale québécoise joue, généralement, en faisant disparaître les accents du cru. Quelle auto-amputation. On m’invoqua cette raison : on ne peut dire Racine avec la prononciation d’ici.)
  • En voilà une flamme passionnante et convaincue (donc convaincante) pour quelqu’un qui ne se définit pas comme « un homme de théâtre mais comme un homme engagé dans le théâtre et le social ». Travailler pour le théâtre ne fut pas la voie professionnelle que s’était d’abord choisi David : « Ma passion a été trouvée sur une route secondaire. La gestion est un outil au profit du théâtre ».
  • Alors : en tant que gestionnaire, que faire ? lorsque l’image de la perception des artistes par la société canadienne et québécoise est celle des « assistés sociaux », quand la langue française est attaquée, fortement aujourd’hui, par un gouvernement fédéral de droite extrême, conservatrice et religieuse, quand, aux yeux de la population elle-même, « l’auteur est un intellectuel » (donc un individu suspect) et que tout élitisme est voué aux gémonies, voire même dangereux dans une société tendue vers l’indifférenciation, que faire ?
    « Les espaces de liberté et de confiance sont si rares dans nos vies » commente Marcelle dans la grande revue Liberté.
  • Le Jamais Lu  et le formidable théâtre Aux Ecuries sont un espace de réflexion sur l’Art et son champ d’action.
    Ils sont le lieu d’un parti-pris qui n’est pas dogmatique.
    Le lieu d’une langue minoritaire et d’une culture qui ne demandent qu’à se reconnaître, s’aimer et vivre.
  • Que Marcelle Dubois et David Lavoie en soient ici totalement et amb la meuna amistat remerciés.

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(1) Feuille dactylographiée titrée « Max Rouquette », corrigée de la main de Max Rouquette. Trouvée dans les notes préparatoires au Varlat d’esmeralda /Le Valet d’émeraude.
(2) Paul Lefebvre, « Venir au monde, entretien avec Marcelle Dubois »,  dans la revue Liberté, « Ruptures & filiations, le festival du Jamais Lu », avril 2011, n°291, volume 52, numéro 3, p. 7-14.
(3) Idem.

par Lionel Navarro